Un chiffre brut comme une gifle : 92 chevaux pour une machine de 750 cm³, et pourtant, ce n’est pas la puissance brute qui forge la réputation de la Honda CB750S. C’est la façon dont elle avale les kilomètres sans broncher, la régularité de son moteur, la discrétion de ses faiblesses. Au fil des années, ce modèle s’est taillé une place solide dans le paysage des routières accessibles, fidèle à la tradition Honda qui préfère la robustesse à l’esbroufe.
Honda cb750s : ce que l’on sait sur la fiabilité du moteur et sa réputation
Dès sa sortie, la Honda CB750S affiche une personnalité affirmée côté mécanique. Le constructeur joue sur ses points forts : précision de fabrication, assemblages méticuleux, moteurs éprouvés. Sous le réservoir, le bicylindre parallèle 750cc délivre ses 92 chevaux à 9500 tr/min et 75 Nm à 7250 tr/min, propulsé par un calage à 270° et une distribution Unicam. Ces choix techniques ne sont pas là pour faire joli : ils servent un objectif assumé, celui d’offrir du caractère à l’accélération, une réponse immédiate à la poignée et un entretien réduit au strict nécessaire.
La robustesse ne s’arrête pas au bloc moteur. Le châssis acier type diamant, allégé de 20 % par rapport à la CB500F, apporte nervosité et maniabilité, sans négliger la rigidité. Les retours d’expérience abondent : des trajets quotidiens avalés sans fatigue, des balades dominicales où la mécanique ne flanche pas. La fiabilité Honda ne relève pas du mythe, elle se mesure dans les rapports d’entretien, avec très peu de remontées sur des ennuis sérieux touchant les segments, chemises ou culasse.
Honda a aussi soigné l’agrément : plusieurs modes de conduite (Standard, Sport, Pluie, Personnalisé), shifter up/down en option, et une gamme d’accessoires qui répond aux envies d’individualisation. Pour la sécurité, la fourche Showa SFF-BP et les freins à double disque avant (296 mm, étriers radiaux 4 pistons) offrent un comportement rassurant, même si certains utilisateurs espéraient une suspension plus affûtée et un freinage plus mordant, surtout quand le rythme s’accélère.
Un argument qui fait mouche : la Honda CB750S a été lancée à 7990 euros. Un tarif qui la rend abordable aussi bien pour des novices que pour des motards expérimentés à la recherche d’une machine fiable et polyvalente. Présente sur les stands des salons et dans les galeries photos, elle s’impose comme une référence d’entrée de gamme où longévité et plaisir de conduite font bon ménage.
Quels problèmes rencontrés au fil des années et comment y remédier efficacement ?
La Honda CB750S inspire confiance par sa fiabilité moteur, mais certains points méritent d’être surveillés au fil du temps, notamment sur la partie cycle et les périphériques. Plusieurs utilisateurs ont pointé du doigt des défauts récurrents, principalement autour de la suspension avant. La fourche Showa SFF-BP, dépourvue de réglages, atteint rapidement ses limites sur routes cabossées ou en conduite active. Résultat : sensation de mollesse et enfoncement marqué lors des freinages appuyés.
Pour corriger ces faiblesses, voici des solutions fréquemment adoptées par les propriétaires avertis :
- Remplacement de l’huile de fourche par une version plus visqueuse, pour gagner en fermeté
- Montage de ressorts progressifs, qui améliorent la tenue de route et la réactivité de la suspension
En ce qui concerne le freinage, le double disque avant remplit son rôle au quotidien, mais certains motards, adeptes d’une conduite plus engagée, trouvent qu’il manque de mordant. Pour y remédier, beaucoup optent pour des plaquettes haut de gamme ou des durites aviation, deux modifications simples qui rehaussent la puissance et la régularité du freinage sans bouleverser l’ensemble du système.
Côté moteur, pas de mauvaise surprise majeure. Quelques cas isolés font état d’un ralenti instable une fois le rodage passé, ou de joints toriques qui suintent légèrement sur le circuit d’huile. Un contrôle périodique du serrage et le remplacement préventif de ces petits joints suffisent la plupart du temps à éradiquer ces petits tracas, sans intervention lourde.
La qualité d’assemblage limite l’apparition de défauts moteurs ou de soucis d’allumage. Respecter scrupuleusement les intervalles d’entretien et miser sur des lubrifiants de qualité reste la meilleure garantie pour profiter longtemps d’une mécanique sereine, taillée pour l’endurance.
Au bout du compte, la Honda CB750S ne promet pas la perfection, mais elle délivre une expérience solide, fiable, et honnête. Sur le bitume, elle trace sa route sans fanfare, et c’est peut-être là sa plus belle victoire.


